LE CINEMA D’ETE A LA VILLA KERYLOS – 21 juillet
En avant-première « Les Roches Rouges » de Bruno Dumont
Infos Pratiques :
21 juillet | 20h00 – 23h00
La billetterie sera gérée par le cinéma de Beaulieu.
En cas d’intempéries la séance sera déplacée dans le cinéma de Beaulieu
La Villa Kérylos s’associe au cinéma de Beaulieu pour offrir une expérience unique de cinéma en plein air dans un cadre d’exception. Dès 20h15, profitez d’une visite des espaces intérieurs de la villa avant de vous installer face à la mer pour la séance à partir de 21h15.
Le temps d’une soirée, laissez-vous happer par cette atmosphère hors du temps où patrimoine et septième art se rencontrent sous les étoiles.
Une invitation à découvrir ou redécouvrir de façon originale ce lieu emblématique de la Côte d’Azur.


Préface …
Il y a une justice à projeter ce film ici. Depuis trente ans, Bruno Dumont filmait le Nord — ses plages grises, ses ciels bas, ses corps rugueux. Pour la première fois, il descend vers le Sud, et le choc de la lumière méditerranéenne bouleverse tout son cinéma. La critique a parlé d’un éblouissement : Dumont filme la Côte d’Azur comme un peintre découvrant une contrée neuve, entre magnificence et violence sensorielle. À quelques kilomètres de Kérylos, dans cette même mer, cette même roche chauffée par le soleil.
Géo, cinq ans à peine, fait partie d’une bande d’enfants qui crapahutent sur les rochers rouges de la côte et se jettent dans la Méditerranée. Deux clans rivaux, un jeu — sauter des rochers — et le temps d’un été où l’amitié se mêle à la rivalité, où les premiers élans du cœur deviennent source de tensions. Voilà tout le récit, ou presque. Chez Dumont, l’essentiel est ailleurs.
Tourné avec des enfants, tous acteurs non professionnels, le film adopte une approche quasi documentaire. Dumont et son chef opérateur Carlos Alfonso Corral — révélé chez Roberto Minervini — abandonnent la filiation bressonienne du cinéaste pour le grand angle et la caméra portée : les enfants, réduits à des points de couleur, escaladent la roche dentée comme de petites araignées au-dessus de l’abîme. Une fois encore, Dumont cherche ce que le cinéma peut faire surgir de grâce.
C’est un retour aux sources : c’est à la Quinzaine des cinéastes de Cannes que Dumont avait présenté La Vie de Jésus en 1997 ; il y est revenu vingt-neuf ans plus tard avec Les Roches rouges. Un cinéaste qui n’a jamais cessé de surprendre, présenté au bord de la mer, face aux rochers mêmes qu’il a filmés.